Le tatouage « Tim » : quand le tatouage et l'art vont trop loin ?

Par @Quack1 dans le
Tags : #Tatouage, #Tim Steiner, #Wim Delvoye,
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Il n'y a pas si longtemps, j'interpellais @Calimaq et @The Tattoorialist à propos d'un sujet un peu délicat : existe-il un copyright sur les tatouages ? Sous-entendu, un tatoueur peut-il intenter un procès à son tatoué si ce dernier vend (par exemple) une photo d'un partie de son corps sur laquelle le tatouage est présent ?

La discussion qui avait suivi sur Twitter avait fini par montrer que, oui, le tatoueur conserve un droit (au moins moral) sur son oeuvre et que des cas juridiques un peu spéciaux peuvent donc survenir.

Je suis tombé aujourd'hui sur un reportage sur le tatouage, au cours duquel j'ai trouvé un cas intéressant où un contrat avait été passé concernant sur une œuvre tatouée sur le corps d'un homme.

Wim Delvoye, célèbre pour avoir notamment tatoué et exposé des cochons, a souhaité placer la barre au dessus en tatouant une de ses œuvres sur tout le dos d'un homme, Tim Steiner, alors agé de 31 ans. Cette performance a été réalisée dans le cadre d'un exposition en 2006. Le tatouage, qui aura demandé plus de 40 heures de travail, a été terminé pendant l'exposition dans la galerie d'art.

À la fin de l'exposition, tout aurait pu redevenir comme avant, Tim aurait pu rentrer chez lui comme un homme normal, mais l'histoire ne s'est pas arretée là. La responsable de l'exposition a « vendu » Tim à un collectionneur allemand pour 150.000€ (partagés entre la galerie et Wim Delvoye, l'artiste). Le contrat qui a conclu la vente stipule que Tim, contre 30.000€, doit être à la disposition du collectionneur 4 semaines par an. Ainsi, durant toute sa vie, Tim pourra être exposé par son propriétaire dans des expositions, des foires, ou des manifestations privées. Durant ses expositions, Tim doit rester assis face à un mur, sans bouger. Il peut également être revendu ou cédé par son propriétaire. Enfin, à la mort de Tim, le tatouage appartiendra toujours à son propriétaire et il sera donc prélevé du corps de Tim pour être tendu dans un cadre. À la fin de la partie qui le concerne, Tim mentionne que désormais « son existence même a un sens ».

 

Je me pose deux questions à propos de cette pratique :

  1. Tim a-t-il un droit de rétractation, arguant que son corps lui appartient ?
  2. Si le tatouage est déterioré (blessure, accident, simple coup de soleil), le propriétaire de l'œuvre peut-il poursuivre Tim en justice ?

Je pense que les réponses sont respectivement non et oui, puisque Tim a accepté les termes du contrat — au sens propre — en cédant les droits sur le tatouage et sur son corps.

Parfois, l'art ça va vraiment très — trop ? — loin...

Le reportage vidéo est disponible sur Youtube :

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