Guitare électrique « Homemade »

Cette page regroupe, à un seul endroit, tous les articles de la série concernant la fabrication d'une guitare électrique. Vous pouvez commenter cet article ici.

Cette série d'articles concerne la fabrication d'une guitare électrique, challenge que je m'étais lancé il y a quatre ans.

DISCLAIMER : Je ne suis ni luthier, ni menuisier, ni expert en instruments à cordes. J'aime juste beaucoup la guitare et me fabriquer des trucs. Les conseils donnés ici sont issus uniquement de ma propre expérience et seront (à priori) moins bons que ceux d'un professionnel.

Il est, à mon avis, très utile de lire la totalité des articles pour bien préparer la fabrication de la guitare avant de se lancer. Ça vous permettra de tout bien repérer, ne serait-ce que les outils et pièces dont vous aurez besoin.

Réflexion, théorie et shopping

Une guitare électrique solid body est, comparé à une guitare acoustique, assez simple à fabriquer. Évidemment, tout est relatif, ce n'est donc pas quelque chose qui peut se faire un dimanche après-midi quand on a fini de regarder GoT.

Pour commencer...

Avant de se lancer dans la pratique, il est préférable de lire un peu (beaucoup) afin de bien connaître la théorie, non seulement de la lutherie, mais aussi de la menuiserie, afin de ne pas être perdu dans les termes un peu techniques que l'on va rencontrer au cours de la fabrication.

Le Web regorge de sites, d'articles et autres forums plus ou moins précis et intéressants concernant ce sujet. Le meilleur moyen est encore de demander de l'aide à Google et ensuite de lire tous les résultats renvoyés dans les premières pages.

L'article de Tom Stone sur Guitariste.com est néanmoins (à mon avis) la meilleure lecture pour avoir la base de la lutherie d'une guitare électrique.

L'important n'est pas de tout connaître par cœur, mais :

  1. d'avoir une idée bien précise des différentes étapes nécéssaires pour mener à bien ce projet ;
  2. de maîtriser la théorie de toutes les étapes complexes, comme les notions de diapason et de frettage, les différents types de micro, le cablage, etc...

Une fois que l'on pense maîtriser suffisement bien la théorie, on peut commencer à réflechir à son projet :

Accessoirement, si vous n'êtes pas au top niveau travail du bois, essayez de vous rapprocher de quelqu'un qui connait ce sujet : père, oncle, grand-père, ami menuisier. Il pourra vous donner de très bons conseils au moment de la conception et, surtout, vous éviter de partir dans des directions chaotiques ou qui ne mèneront à rien ;)

Pour la conception proprement dite, ce que j'avais fait, et je pense que c'est une bonne solution, c'est réaliser un modèle taille réelle de la guitare sur du carton assez fin. Les avantages à cela sont multiples :

Quand vous avez votre modèle parfaitement dessiné, vous pouvez commencer à regarder l'accastillage que vous poserez sur la guitare : micro, potentiomètres, chevalet, mécaniques, etc. Pensez également à tout ce qui ne se voit pas mais qui est important : fil électrique pour la cablage des micros, prise jack, Truss Rod1, vis diverses, frettes, etc.

Pour l'achat, les sites d'achat en ligne d'accessoires de musique proposent souvent ces pièces détachées, sinon orientez vous vers des sites spécialisés. Perso, j'avais fait mes achats chez Thomann (attention, ils spamment un peu par courrier en envoyant régulièrement les nouveaux catalogues) et Guitare Shop.

Les premiers obstacles

Vous aurez sûrement noté que j'ai oublié de mentionner un morceau très important de notre future guitare : le bois.

Plusieurs solutions s'offrent à vous, suivant le modèle de guitare que vous voudrez vous faire. En gros, sur une guitare solid body, on peut retrouver trois types de manches :

Dans les deux premiers cas, le manche et le corps sont deux pièces séparées et travaillées indépendamment l'une de l'autre. Au moment du montage, elles sont assemblées, soit avec de la colle soit avec des vis, pour former la guitare complète.

Dans le dernier cas, le manche est complètement intégré au corps de la guitare et est donc totalement inamovible. Une pièce de bois partant du bas du corps et allant jusqu'à la tête de la guitare est entouré, en bas, de deux pièces de bois dans lesquels on taillera le corps.

C'est cette solution que j'ai choisi, afin d'avoir plus de sécurité. En effet, il est quasiment impossible que le manche ne se sépare du corps de la guitare.

Ce choix est très important puisqu'il va influer sur le bois que vous allez devoir acheter. C'est ici qu'avoir un croquis en taille réelle de la future guitare est très important, puisque vous pourrez calculer avec plus de précisions les dimensions des différentes pièces de bois qu'il vous faudra. Pour récapituler, vous avez besoin de bois :

C'est ensuite au moment de l'achat que les choses se compliquent. Oubliez les grands magasins de matériaux ou les vendeurs de bois, soit ils ne vendent qu'aux professionnels, soit ils vendent uniquement en grandes quantités (genre minimum 1m³), et ils ont rarement les essences de bois préconisées pour la lutherie (acajou, érable, etc).

Vous pouvez donc vous reporter sur deux autres choix :

  1. Acheter le bois directement sur un site spécialisé en lutherie. Ils possèdent les essences de bois qui nous intéressent, ils les vendent à des dimensions standards et proposent assez souvent des pièces de bois déjà découpées selon les formes des modèles connus (au hasard, Start' et Les Paul). L'avantage, c'est que vous n'avez pas à chercher longtemps, le problème c'est que vous ne pourrez pas toujours demander des dimensions spécifiques, les prix sont relativement élevés (mais ça passe encore), et les frais de ports peuvent vite grimper (le bois, c'est lourd ;) ). Mais pour une première fois, pour quelqu'un qui n'a pas forcément beaucoup de matériel, et tant qu'on reste dans des modèles connus, c'est ce que je recommande ;
  2. La solution un peu plus débrouillarde, c'est d'y aller au culot, et d'appeller un bon paquet de menuisiers autour de chez vous, en leur demandant s'ils peuvent vous dépanner de quelques morceaux de bois. Ça ne marche pas à tous les coups, puisqu'ils n'ont pas tout le temps et la motivation de couper trois pièces de bois pour un luthier amateur, et ils n'ont pas toujours les essences de bois que vous recherchez.

Mais, parfois, cette dernière solution peut mener à quelque chose de bien. C'est celle-ci que j'ai utilisée, et elle a été couronnée de succès. Je suis tombé sur un menuisier plutôt sympa qui connaissait un type qui avait une petite scierie artisanale et qui a pu me dépanner. Il n'avait pas exactement les essences de bois que je cherchais, mais il a prit une bonne heure de son temps pour me découper et me préparer les pièces dont j'avais besoin, dans les dimensions qui m'intéressait.

Au final, je me suis retrouvé avec :

Concernant le prix, j'ai pu négocier tout ça contre quelques paquets de clopes, donc c'était tout bénef'. Et en plus, j'ai pu profiter des machines de la scierie pour rainurer le bois pour préparer mon collage2. S'il me lit, merci au propriétaire de la scierie \o/.

À titre de comparaison, chez Guitare-Shop, le kit « corps Acajou 45mm », en 2 pièces de 500x200x45 ça vaut déjà 68€, et un corps type Les Paul, tout usiné, c'est 151€.

Récap'

Donc, si je résume ce premier article, vous devez :

Préparation du bois et premières étapes du montage

À la fin de la partie précédente, on a normalement préparé toute la fabrication de notre guitare. On sait quel modèle on va fabriquer, quelles seront les pièces que l'on y mettra (on a pour cela réalisé un plan 1:1 de la guitare), les pièces et le bois sont achetées, on a réuni pas mal d'outils, on est donc près à commencer !

Pour vous donner une idée de mon projet, j'étais parti sur une guitare type Les Paul Junior, en grande taille. La longueur totale de la guitare (du bas du corps à la tête) dépassait le mètre 10, pour avoir plus d'aigus le diapason prévu mesure 774mm4 (sur une Les Paul Junior standard c'est 625mm3), et au niveau de l'électronique un seul micro humbucker (EMG H4) est commandé, et deux potentiomètres seront utilisés : un volume et une tonalité.

Préparation du bois

La première étape est de reporter toutes les indications présentes sur votre plan sur le bois, pour avoir une vue d'ensemble de la future réalisation.

Vous pouvez donc maintenant procéder au collage des différentes pièces. Dans le cas d'un manche traversant (le cas dont je parlerais dans cet article), on colle donc le manche et les deux pièces du corps, et pour un manche vissé ou collé, on colle les deux parties du corps ensemble.

Avant le collage, pensez à deux dernières choses.

Vos micros devront être reliés à vos potentiomètres, il font donc prévoir un passage pour les câbles. Si vous êtes sur du type Fender, vous avez (normalement) dû prévoir un pickguard, et donc vous n'avez rien à faire pour le moment. Dans le cas d'un type Les Paul, la table n'est pas protégée par un pickguard, il faut donc percer le corps de la guitare entre l'espace réservé au micro et celui réservé à l'électronique. Pour rendre les choses plus simples, le mieux est de percer cette « gaine » avant le collage. Il faut également penser à percer un deuxième passage pour relier la masse des potentiomtres au chevalet.

Deuxième point, essayez de tailler la forme du manche avant le collage, notamment donnez sa forme à la tête et dégrossissez le manche. C'est toujours plus facile à faire quand la pièce de bois que l'on travaille est plus petite ;)

 

Pour le collage à proprement dit, rien de particulier ici. Un rainurage de toutes les parties à coller permettra une meilleure adhérance de la colle, mettez autant de serres-joints que vous pouvez, et attendez deux à trois bons jours que la colle prenne et sèche.

Pendant que ça sèche...

Normalement, si vous avez bien fait votre plan, vous connaissez exactement le diapason qu'aura votre guitare. Pour rappel, le diapason est la longueur de corde qui vibrera dans la corde sera grattée « à vide ». C'est donc la longueur de corde entre le sillet de tête et le chevalet.

Donc, si vous connaissez votre diapason, vous pouvez calculer l'emplacement des frettes et préparer la touche.

À ce niveau là, j'ai l'impression qu'il y a deux techniques qui s'opposent. La première consiste à préparer la touche avant, puis la coller sur le manche de la guitare, tandis que la seconde vise à coller la touche brute sur le manche, puis de la travailler.

J'avais utilisé une technique un peu différente, puisque j'avais préparé la touche presque totalement, et je m'était arrêté juste avant de poser les frettes. Je n'ai posé celles-ci qu'une fois que la touche était collée.

Pour reprendre les étapes dans l'ordre :

J'ai découpé la touche à ses dimensions finales, en gardant un poil de marge sur la largeur pour l'adapter ensuite parfaitement au manche. La longueur est sa longueur définitive, à noter que la longueur inclut un demi à un centimètre pour la pose du sillet.

Une fois que la touche est à la bonne taille, on la ponce à fond pour la rendre la plus lisse possible, puis on forme le radius de la touche avec — idéalement — une cale à radius, sinon c'est à la ponceuse ou à la rape, en contrôlant régulièrement que l'on n'est pas allé trop loin. Pour vérifier ça, ces gabarits à imprimer sont parfaits5.

Quand votre touche est prête, il devient nécéssaire de préparer la pose des frettes. Pour cela, on va calculer les emplacements de celles-ci au moyen d'une formule compliquée :

Pour chaque frette n (le sillet étant la frette 0), la distance Ln entre cette frette et le chevalet est égale à la division du diapason L par 2 à la puissance n divisé par 12.

Donc, de manière plus claire (ou pas) :

Et donc, on obtient facilement la distance L - Ln, distance qui sépare une frette n du sillet :

Bon, arrêtons les blagues, si vous voulez en savoir un peu plus sur la théorie du frettage, je vous laisse lire la page Wikipédia dédié à la gamme tempérée. Pour calculer plus simplement l'emplacement des frettes, rendez-vous ici, entrez votre diapason, et vous aurez la liste prête à être imprimée :)6.

 

Quand votre liste est prête, tracez les emplacements des frettes avec une grande précision sur la touche de la guitare. Vous pouvez désormais préparer les inlays qui permettront de vous repérer sur le manche. C'est purement de la déco, donc je vous laisse choisir le motif : rond, en triangle, en trapèze à la Gibson, ou si vous avez des talents d'ébéniste, vous pouvez tenter les inlays à la Joe Bonamassa sur sa Gibson ES3357.

Moi je suis resté dans du traditionnel, inlays ronds et noirs, taillés dans une baguette de 10mm de diamètre. Pour les insérer, on perce la touche (pas trop profond), on met de la colle, on insère les inlays, et on presse pendant une bonne nuit le temps que la colle prenne.

Le lendemain, on reponce un bon coup histoire de rattraper le radius et d'obtenir une touche bien lisse.

Ensuite, un des moments les plus délicats arrive : il faut inciser le bois pour créer des emplacements pour les frettes.

Plusieurs techniques : le faire avec une scie japonaise, scie à onglet montée avec une lame fine, ou bien (technique du pauvre) avec une petite scie à métaux.

L'important, quelle que soit la scie utilisée, c'est de bien la caler pour être sûr de scier sur la marque de la frette. Le moindre écart, à n'importe quel moment du processus, va influer sur la justesse de la guitare.

Enfin, récapitulatif de cette partie :

Dans ce qui suit (#teasing), je vous parlerais de la découpe du corps et des différentes défonces pour les micros et autres parties électroniques. Stay Tuned ;)

Premières découpes : forme générale et percages/défonces

Après avoir préparé la touche et collé le corps de la guitare, arrive le moment tant attendu de la découpe du corps.

Scions, scions, scions du bois...

Pour cette opération, plus vous avez des bons outils, mieux ce sera. Dans l'idéal, utilisez une scie à ruban pour découper le corps de la guitare. Si vous n'en avez pas, une — bonne — scie sauteuse devrait également faire l'affaire. Ne vous pressez pas, et veillez à respecter le plus fidèlement le modèle que vous avez tracé, au moins pour le corps. On ajustera le manche après, donc on peut déborder un peu ;)

Ensuite, ajustez la forme du corps à votre guise : amincissez certains contours (type Fender), arrondissez les bords, retaillez les pointes (à la Gibson SG), puis poncez une première fois au papier de verre assez gros, histoire de rendre le bois un peu plus propre pour les prochains travaux.

On sort du matériel qui fait du bruit

Vient maintenant le moment de sortir sa meilleure défonceuse et la fraise adéquate8 pour découper tous les trous dont nous aurons besoin.

J'en compte 4 :

  1. Sur la face avant :
    1. Un trou pour chaque micro ;
    2. L'emplacement du Truss Rod.
  2. Sur la face arrière :
    1. Un espace assez grand pour faire passer les différents potentiomètres et toute l'électronique ;
    2. Un trou pour faire tenir le sélecteur de micro (si vous en avez un).

Pour savoir où percer, ressorter — encore — votre modèle en carton, et reportez sur votre guitare les emplacements :)

Il faut bien veiller à ce que le micro soit centré par rapport au manche, et que le prépercage du passage pour les cables du micro tombe bien dans le trou du micro d'un côté, et dans la cavité des potentiomètres de l'autre.

Si vous avez un pickguard, vous pouvez vous permettre d'y aller franco et de faire des trous plus gros, puisque le pickguard les masquera.

Enfin, faites gaffe à centrer le Truss Rod bien au milieu du manche, et à laisser un accès (sur la tête ou en bas du manche) pour avoir accès à la vis de réglage.

Enfin, on fini le travail du bois avec le percage des trous pour le passage des molettes de réglage des potentiomètres, ceux pour faire tenir le chevalet et le cordier (suivant les modèles), on perce les trous pour les mécaniques, puis on repasse un petit coup de ponceuse, histoire de.

Petite astuce pour placer le chevalet au bon endroit : la longueur de corde entre le sillet et le chevalet doit être exactement deux fois la longueur entre le sillet et la douzième frette (sachant que le sillet est la frette zéro).

Façonnage du manche

Maintenant, votre guitare doit normalement commencer à ressembler à quelque chose. Il reste cependant un point que l'on n'a pas encore abordé : le manche.

Il faut lui donner une belle forme arrondie pour qu'il tienne bien en main et que le jeu soit agréable. La meilleure solution que j'ai trouvé pour faire ça c'est l'huile de coude.

On commence par enlever le plus gros avec une plane, pour dégrossir le plus possible le manche. Attention, n'enlevez pas trop de matière pour ne pas vous retrouver sur le Truss Rod ;) Si, comme moi, vous avez choisi d'utiliser du frêne pour le manche, vous allez en chier...

Ensuite, finissez la forme du manche à la râpe10, en commençant par un gros grain, puis en utilisant des râpes de plus en plus fines. Pour bien finir, ressortez (encore) votre ponceuse, si possible un petit modèle, plus maniable, et finissez le manche avec un gros grain (genre #40-60) et augmentez jusqu'à du #100-140 pour finir de donner sa forme au manche.

Pendant que vous travaillez le manche, ajustez également la jonction entre le corps et le manche (pour l'accès aux aigus), et la jonction entre le manche et la tête.

 

Votre guitare est maintenant presque terminée !

Le plus gros est fait, il ne restera plus que les finitions et monter tout l'accastillage pour pouvoir commencer à jouer :)

La suite, au prochain épisode.

Finitions : poncage, peinture, vernis, etc

On commence à toucher à la fin de notre projet, et on va donc s'attaquer aux finitions.

La première chose à faire, c'est poncer, poncer, poncer, poncer encore un coup par là, et reponcer encore et encore.

Votre guitare a normalement sa forme définitive, il faut donc poncer tout le bois du corps à la tête sans oublier le manche, en commencant par des gros grains pour finir à du grain très très (très) fin. Vous aurez besoin ici de deux outils :

  1. une bonne ponceuse, assez maniable (un petit modèle est préférable), pour pouvoir aller dans les moindres recoins sans trop enlever de matière ;
  2. et vos mains, pour sentir le grain du bois et sentir si vous devez retoucher ou continuer à poncer un endroit précis.

À la fin de longues heures de poncages, votre guitare devrait être plus douce qu'une peau de bébé et ne devrait plus présenter aucune aspérité (et, accessoirement, votre poubelle doit être pleine de vieilles feuilles usées de papier de verre 😉).

Vous pouvez maintenant (ou pas, c'est comme vous le sentez), passer une première couche de peinture, afin de préparer la « vraie » peinture qui arrivera plus tard.

 

Sinon, c'est le moment de coller la touche !

Dévissez à fond votre Truss Rod, incrustez le dans le logement prévu à cet effet dans le manche, appliquez de la colle, puis posez votre touche11.

Serrez avec autant de serres-joints que vous pouvez (n'oubliez pas de mettre des cales sur la touche et le manche pour éviter de marquer le bois) et laissez sécher un bon moment (au moins un à deux jours).

Quand la colle a séchée, reponcez le manche, la touche, et ajustez si besoin à la râpe la jonction entre le manche et la touche (par exemple, si la touche est plus large que le manche).

Reponcez un bon coup toute la touche, vérifiez le radius, ajustez le, reponcez, bref, toute l'attention que vous porterez à ces étapes de finition influront sur le résultat, sur le niveau de qualité et sur la jouabilité de votre instrument.

« Je peux arrêter de poncer ? J'ai plus de papier de verre...

– Non, va en racheter ! »

Vous allez encore avoir besoin de papier de verre, mais pas tout de suite.

Pour le moment, on va se concentrer sur une des dernières pièces de notre guitare que l'on n'a pas encore mises en place : les frettes.

Pour les mettre en place, coupez les un peu plus longues que la taille finale, puis donnez leur l'arrondi nécessaire pour qu'elles s'ajustent parfaitement au radius de votre manche.

Si besoin, retaillez légérement les entailles préparées à l'avance sur la touche, puis enfoncez y chacune des frettes. Pour être sûr qu'elles tiennent, vous pouvez rajouter un peu de colle (glu, néoprène, colle à bois) dans l'entaille de la touche.

Travaillez bien chacune des frettes une à une pour chacune des frettes pour être sûr qu'elles s'ajustent toutes parfaitement.

Une fois qu'elles sont bien collées, coupez les extrémités qui sont trop longues avec une bonne pince coupante ou une paire de tenailles et limez avec précaution les bouts des frettes pour les faire arriver parfaitement à fleur du manche. Enfin, limez également les bouts des frettes pour arrondir les bouts et éviter de se défoncer les doigts à chaque déplacement.

« Alors, c'est quand qu'on ressort la ponceuse ? »

Avant de poncer une dernière fois, on peut désormais attaquer les étapes de peinture/teinture et vernissage.

Avant de commencer à peindre ou teinter votre bois, reponcez un coup ou deux votre guitare protégez avec du scotch de peintre toutes les parties sensibles de la guitare. En gros, ça ne fait qu'une seule partie : la touche.

Ensuite, je vous laisse gérer les étapes de peinture, ce n'est pas franchement mon fort. Pour ma guitare, j'avais simplement appliqué deux ou trois couches de peinture blanche en bombe (ce qui lui donnait un petit côté « grunge / à l'arrache » pas trop dégueulasse :p).

Pour vous donner deux trois tuyaux quand même (corrigez moi en commentaire si je me trompe), choisissez bien le type de peinture ou teinte à utiliser, suivant que vous voulez ou non voir le grain du bois sur la guitare finale. Une teinte mettra plus en valeur le bois qu'une peinture qui masquera tout. Ensuite, appliquez plusieurs couches, tout en ponçant au grain fin entre chacune des couches et en respectant bien les temps de séchage12.

Enfin, faites de même avec le vernis. Plusieurs couches et des temps de séchage importants (par contre, je ne pense pas qu'il faille poncer entre chaque couche...).

 

À la fin de ce — long — processus, votre guitare devrait avoir un très beau look et l'envie de jouer devrait être plus forte que jamais ! Un peu de patience, le calvaire est bientôt terminé :)

Montage final et essais ! \m/

Enfin !

Nous sommes arrivés à la cinquième et dernière partie de cet article dédiée à la fabrication d'une guitare électrique.

Au programme : du poncage13, le montage des pièces, de l'électronique, les réglages et nos premières notes :)

Le montage

Je vous fais le récapitulatif de toutes les pièces que vous devriez normalement avoir à monter sur votre guitare. Pour plus d'informations sur leur montage, le mieux sera de regarder les notices jointes aux pièces :p

 

Toute la partie électronique se situe, soit sous le pickguard, soit au dos de la guitare. Dans les deux cas, plusieurs précautions sont à prendre avant de souder vos câbles.

Isolez toute la cavité pour éviter des pertes ou des anomalies sur votre son. Pour un meilleur résultat, rien ne vaut la colle en bombe vaporisée dans la cavité puis du papier aluminium ou des feuilles de cuivre collées dessus. Recouvrez également le pickguard ou le cache qui fermera cette cavité.

Ne vous risquez pas non plus à improviser votre câblage. Suivez les indications d'un plan pour être sûr de ne pas vous tromper. Notez que la masse est généralement reliée au chevalet de votre guitare. Pensez-y avant de fixer ce dernier 😉

Ça se complique : le réglage de la bête

Sur cette partie, honnêtement, je ne vais pas vous être d'une grande aide puisque je ne suis pas luthier et que je ne vais pas me risquer à vous donner des conseils sur un sujet que je ne maîtrise pas. Je vais juste pointer les différents points qu'il convient de régler. Personnellement, je n'en vois que trois, hormis l'évident accordage. Si des luthiers amateurs passent par là et voient d'autres choses à faire sur un guitare neuve, je veux bien les infos :)

Quand vos cordes sont en place, jouez sur la hauteur du chevalet et des micros pour relever ou abaisser vos cordes afin d'obtenir l'action qui vous conviendra le mieux.

Une fois que cette action est ajustée, réglez le Truss Rod afin de compenser la tension des cordes pour ne pas vriller ou tordre votre manche.

Enfin, une fois que votre guitare est accordée « à vide », vérifier que l'accordage est toujours bon avec chacune des cordes frettées à la douzième case. Vous devez obtenir exactement la même note, mais une octave plus haut. Si votre chevalet est mal positionné, ce second accordage ne sera pas exact.

C'est pour cette raison qu'il faut faire très attention à l'endroit où vous placez vos frettes et votre chevalet. Un chevalet trop éloigné ou trop proche du manche vous empêchera d'accorder correctement votre instrument. La règle c'est que la distance entre le sillet et le chevalet doit être exactement deux fois la longueur entre le sillet et la douzième frette.

Si vous ne vous êtes pas trop foirés, normalement vous devriez avoir un accordage à la 12ème frette qui est presque bon. Pour régler cet accordage, votre chevalet est normalement pourvu de petites vis sous chaque pontet sur lequel repose les cordes. Serrez ou dévissez chacune des vis pour régler l'accordage. Une fois ceci fait, ré-accordez vos cordes à vide, puis re-vérifiez l'accordage à la douzième frette, et ainsi de suite jusqu'à avoir un accordage optimal.

"Stratocaster Vibrato"

Plus généralement, cette page est plutôt complète.

 

Normalement, votre guitare est bien accordée mais elle ne le restera pas longtemps. En effet, le bois va travailler. C'est un processus normal qui sera amplifié par l'effet des cordes tendues sur la guitare. Il faudra donc, dans les jours et semaines qui suivent la fabrication, vérifier plusieurs fois que tous ces réglages sont toujours corrects.

Branchez !

C'est bon, votre guitare est prête, vous pouvez la brancher à votre ampli et commencer à jouer \m/ Je ne me suis jamais enregistré avec cette guitare, donc malheureusement je ne pourrais pas vous faire écouter ce que ça donne :/

J'espère que la votre sonne bien, que mes conseils vous auront servi et que vous aurez réussi à obtenir l'instrument de vos rêves !

 

 

En cas de doutes sur une étape de la fabrication, n'hésitez pas à m'en parler, sinon rien en vaut Internet qui regorge de — meilleures — informations sur le sujet.

Enfin, le meilleur moyen de bien faire est de prendre exemple sur une de vos guitares, de l'observer sous toutes les coutures et de regarder comment elle est fabriquée, pour comparer votre travail avec celui d'un luthier professionnel.

 

Cet article présente une (ma) méthode pour fabriquer une guitare électrique. Ce n'est sûrement pas la meilleure et il doit manquer certaines informations. D'ailleurs, j'ai fait plusieurs « fautes » au cours de la fabrication de ma guitare, ce qui fera l'objet d'un nouvel article bientôt (vu que ça a également lancé un nouveau projet ;)).


  1. Si vous vous demandez ce que c'est, relisez quelques articles sur la théorie de la lutherie ;)  

  2. Mais je vous parlerais de ça une prochaine fois :) 

  3. Chez Fender, on est dans les 650mm. 

  4. On est assez proche du diapason d'une basse. 

  5. Attention au moment de l'impression, il faut que la barre noire en haut de la feuille mesure 1 pouce une fois imprimée (soit 2,5nd4cm). 

  6. Les plus geeks comme moi auront sorti leur plus bel éditeur de code et auront écrit le programme qui calcule ça tout seul ;) 

  7. Désolé, je n'ai pas trouvé de photos... 

  8. Adéquate, adj. f. : Désigne une coiffure. Fifi Brindacier adéquate.9 

  9. Depuis le temps que je voulais caser cette vanne \o/ (_adéquate ⇔ « à des couettes »). D'ailleurs, on me signale que c'est une vanne de Coluche :) 

  10. Une râpe, et non une lime

  11. Chez Gibson, ils appliquent la colle avec un petit rouleau. Moi je la mets toujours à l'arrache, mais cette technique permet de bien la répartir partout (en même temps, sur des guitares à 4K€, ils peuvent bien faire ça...). 

  12. Il vaut mieux — beaucoup — plus que pas assez ;) 

  13. Non, j'déconne ! ;) 

  14. La partie qui suit est à adapter si vous avez un pickguard plutôt qu'un corps plein à la Les Paul. 

  15. Juge et flic...