Et si les #DRM étaient bons (ou pas) ? (poke @framasoft @aprilorg )

Par @Quack1 dans le
Tags : #DRM, #Humeurs, #Framasoft, #April, #LQDN, #planet-libre,
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Je voulais écrire cet article lors de la Journée Internationale contre les DRM, mais par manque de temps pour le rédiger je ne peux le publier que maintenant.

Pour ceux qui ne connaissent pas les DRM, ce sont des systèmes permettant de gérer les droits d'accès à des fichiers numériques (en anglais, DRM signifie Digital Rights Management). En pratique, on retrouve souvent des DRM sur les fichiers multimédias que l'on peut acheter ou louer en ligne. À une époque, toutes les chansons achetées sur iTunes etaient munies de DRM qui empêchaient leur lecture par des logiciels ou baladeurs non homologués par Apple (typiquement, il fallait posséder un iPod/Phone ou iTunes pour lire les fichiers).

Aujourd'hui, on retrouve de moins en moins de DRM, hormis sur certains fichiers disponibles à la location, ou sur certains livres électroniques. Ceci est très certainement lié aux actions menées contre les DRM par de nombreuses associations qui militent pour l'ouverture et les droits des citoyens, comme l'APRIL, la Quadrature du Net ou encore Framasoft.

Bien que je sois en totale accord avec la suppression totale des DRM sur les fichiers que l'on achète, je voudrais un peu nuancer le propos pour les fichiers que lon loue.

 

Quand j'achète un livre numérique sur Amazon ou Google Books, je veux pouvoir utiliser ce livre exactement comme un livre papier. Je veux donc pouvoir le lire où je veux et quand je veux, je veux pouvoir le prêter a quelqu'un, je veux que l'on puisse être plusieurs à le lire en même temps (principe de la photocopie), et enfin je veux pouvoir le revendre. Il est donc normal que ce livre ne soit pas équipe de DRM.

Par contre, quand je loue un livre, je n'obtiens (en théorie) qu'un droit de lecture pour moi-même pendant un moment donné. Dans ce cas présent comme dans tous les cas de location, de VOD, etc, je pense qu'il est normal de trouver des DRM qui m'empechent de lire ce fichier sur plusieurs périphériques en même temps, ou qui m'empechent de revendre ce fichier. Par contre, il est indispensable que les spécifications de ces DRM soient libres, et me permettent tout de même de lire mes fichiers louées depuis n'importe quel OS, device ou logiciel. Un DRM comme celui d'iTunes qui m'oblige a acheter un iBidule pour lire ma musique est totalement con.

Pour parler un peu d'actualité, je trouve que, dans un sens, autoriser les DRM dans les spécifications d'html5, ce n'est pas totalement idiot. Si ça permet de mettre un peu d'interoperabilite la dedans et que ça supprime ces con****es de Silverlight et autres qui nous empêchent de voir des emissions en replay sur les vrais OS, ça me convient.

 

Enfin, les DRM ne servent pas que des intérêts malicieux comme ceux présentés plus haut.

J'ai eu l'occasion d'assister à une présentation d'Eric Diehl lors de mon Master cette année, à propos des DRM. Bien que j'y sois allé en étant plutôt hostile aux DRM, j'y ai trouvé une présentation sans troll et qui au contraire m'a convaincu que les DRM pouvaient parfois être utiles.

Eric Diehl travaille chez Technicolor, société française qui, entre autres choses, s'occupe de faire adapter les voix/sous-titres des films/séries en français. C'est pour cela qu'Eric Diehl dirige le labo de R&D et développe de nouvelles techniques de DRM, qui permettent de tracer les vidéos envoyées au sociétés qui vont devoir travailler sur les films avant leur sortie en France, et ainsi pour trouver d'où vient la fuite si le film est disponible sur Internet plus tôt que prévu. Si vous voulez plus d'infos, vous pouvez regarder du côté des watermark ou lire son livre _Securing Digital Videos : Techniques for DRM and Content Protection.

 

Je ne veux surtout pas lancer d'article à troll avec ce post sur les DRM, mais simplement montrer que même si au niveau du partage de la culture les DRM sont mauvais s'ils restreignent les moyens de lecture, des DRM peuvent parfois être utilisés dans des cas louables.

Enfin, si l'on utilisait des DRM aux spécifications ouvertes (comme ce que demande VLC pour le Blu-Ray) pourraient résoudre beaucoup de problèmes de compatibilités.

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